Contact Us Links FAQs
Search
Canadian Boreal Initiative
Canadian Boreal Initiative
About Us
About Canada's Boreal
Boreal Awards
Boreal Forest Conservation Framework
Boreal Leadership Council
Media Centre
Research & Reports
Our Projects
Did You Know

DID YOU KNOW...

Pine, spruce, aspen, poplar and larch trees dominate the forestlands of Canada's Boreal.

Media Centre

Boreal Forest in the News

1500 scientifiques sonnent l'alarme boréale

Pierre-André Normandin
May 14, 2007
- Le Soleil

Une coalition internationale de 1500 éminents scientifiques exhorte aujourd'hui le Canada à protéger la forêt boréale. Devant les pressions exercées, ces spécialistes réclament la protection de la moitié de ce qu'ils considèrent comme le dernier bouclier face au réchauffement climatique.

Dans la foulée des rapports alarmants du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), ces scientifiques de 50 pays dénoncent la timidité du Canada. À peine 10 % du « dernier écosystème vierge » sont officiellement protégés.

« Nos recherches montrent qu'il faut protéger de grandes étendues, pas seulement des îlots ici et là », avertit le professeur d'écologie de l'Université de l'Alberta, David Schindler.

La forêt boréale qui couvre le tiers du pays agit comme un véritable puits de carbone, emmagasinant 186 milliards de tonnes de CO2. C'est l'équivalent de 27 années d'émissions produites par la consommation des combustibles fossiles dans tout le monde, selon la coalition scientifique.

« La forêt amazonienne transforme le CO2 beaucoup plus rapidement, mais la forêt boréale est de loin meilleure pour l'emmagasiner », note David Schindler. Les plus récentes recherches montrent ainsi que si les poumons du monde sont en Amazonie, la terre retient son souffle au Canada et en Russie, qui abritent l'essentiel de la forêt boréale.

« Nous avons passé les 10 dernières années à documenter les dommages causés à la forêt boréale, des populations de caribous et d'ours grizzlis aux lacs et milieux humides. Maintenant nous avons suffisamment d'indices pour nous inciter à agir » , dit M. Schindler.

Majorité encore intacte

Les signataires reconnaissent que la majorité de l'écosystème est encore intacte. Les pressions exercées par l'industrie pétrolière dans l'Ouest et par l'exploitation forestière dans l'Est laissent toutefois craindre pour l'avenir. « La partie nordique de la forêt boréale est en grande partie intacte, mais la partie sud est grugée de toute part », indique David Schindler.

L'Albertain estime que les gouvernements canadiens devraient commencer par protéger officiellement cette partie nordique, bien qu'elle soit encore largement vierge de toute activité humaine. « Ce serait déjà un bon départ. Les endroits les plus sensibles se trouvent au Nord », assure M. Schindler.

Ce dernier s'en prend particulièrement au projet Mackenzie qui fera pousser un pipeline de 1200 km en pleine forêt boréale. Un consortium de quatre pétrolières veulent ainsi acheminer le gaz naturel extrait dans la vallée de la Mackenzie vers l'Alberta, d'où il pourra être vendu aux États-Unis.

« Nous pouvons difficilement protéger les espèces du réchauffement climatique, mais nous pouvons au moins éviter d'ajouter de la pression », s'indigne à la simple mention de l'Alberta la spécialiste des changements climatiques à l'Université de Stanford, Terry Root.

En plus des dommages à l'environnement, l'Américaine s'inquiète des émissions de CO2 causées par l'exploitation des sables bitumineux. « La quantité de gaz à effet de serre relâchée dans l'atmosphère est tout simplement catastrophique. »

Le GIEC estime que la température terrestre devrait augmenter de 2 oC à 6 oC d'ici 2050. « Une hausse de 4 oC provoquerait l'extinction de 40 % des espèces », évalue Mme Root.

La protection de la forêt boréale s'avère donc particulièrement importante en raison de la grande biodiversité y régnant, estime-t-elle.

« Plus de 300 espèces migratoires dépendent de cet écosystème. On parle de 3 à 5 milliards d'oiseaux qui y transitent chaque année », indique cette spécialiste des impacts sur les animaux des changements climatiques.

Un bouleversement de l'équilibre entre les espèces aura des effets difficiles à prévoir.

« Quand les États-Unis ont voulu se débarrasser du loup, la population de coyotes a explosé. Quand on s'est attaqué au coyote, c'est la population de renards roux qui a augmenté, si bien que maintenant le nombre de canards a chuté de moitié, illustre Mme Root. C'est l'effet domino. " que maintenant le nombre de canards a chuté de moitié, illustre Mme Root. C'est l'effet domino. »